Séraphîta, quelques extraits
p281 « Vous appelez surnaturels les faits dont les causes vous échappent »
p282 « Ici peut-être avons nous dépouillé les petitesses de la terre »
p285 « Mais si tu veux être pure, mêle toujours l’idée du Tout-Puissant aux affections d’ici-bas, tu aimeras alors toutes les créatures, et ton cœur ira bien haut »
p286 « Nous sommes un des plus grands ouvrages se Dieu »
p286 « Nous nous aimons en raison du plus ou du moins de ciel que contiennent nos âmes »
p299 « Je suis trop religieuse pour m’humilier sous une puissance autre que celle d’En-Haut »
p305 « Qu’ai je donc vu ? se demandait-il. Non, ce n’est point une simple créature, mais toute une création. De ce monde, entrevu à travers des voiles et des nuages, il me reste des retentissements semblables aux souvenirs d’une douleur dissipée, ou pareils aux éblouissements causés par ces rêves dans lesquels nous entendons le gémissement des générations passées qui se mêlent aux voix harmonieuses des sphères élevées où tout est lumière et amour »
Séraphîta est un roman d’Honoré de Balzac.
Nous nous trouvons dans une village perdu de Norvège, au milieu des neiges et des glaces, l’hiver boréal tire à sa fin. Séraphitüs, un beau jeune homme, conduit Minna, la fille du pasteur, au sommet d’une montagne inaccessible, le Falberg. Minna éprouve de l’amour pour son guide, mais celui-ci, incompréhensiblement à ses yeux, la repousse et la presse de penser plutôt à Wilfrid, son fiancé. Wilfrid tombe, pour sa part, sous le charme d’une jeune femme à la beauté incomparable : Séraphîta. Celle-ci, à son grand désespoir, le repousse. On apprend que Séraphîtüs et Séraphîta ne sont qu’une seule et même personne – un être qui, issu de parents pétris de la doctrine de Swedenborg, est en bonne voie de transcender la condition humaine et qui séduit les humains, sans qu’ils le sachent bien, pour cette raison même. Sur le point de quitter la terre, frappé d’une sorte de consomption religieuse, Séraphitüs-Séraphîta, après avoir exposé longuement ses croyances et la nature de la voie qu’il prend, indique aux deux mortels stupéfaits le chemin qu’ils auront à parcourir pour le rejoindre dans les sphères supérieures. Puis, sous leurs yeux, l’être d’esprit se transforme en séraphin et monte au ciel. Minna et Wilfrid ont été saisis par le spectacle, mais leur humanité fait que leur participation à la munificence divine est de courte durée. Ils s’efforceront, dès lors, de renouer ensemble le lien astral qui a été rompu.
https://www.maisondebalzac.paris.fr/vocabulaire/furne/notices/seraphita.htm
Wikipedia :
https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9raph%C3%AEta
Swedenborg et Balzac
Pour Swedenborg, au-dessus du monde matériel décrit par la science, se trouve un monde spirituel qui n’est pas moins substantiel, ni moins réel, que celui que nous observons.
Comment Balzac, et avec lui – l’un de ses lecteurs – Charles-Louis de Chateauneuf, appréhendent-ils les thèmes développés.. ? Je viens de lire, précisément, »Louis Lambert » , » La Peau de chagrin » et »Séraphita »…
https://perceval.over-blog.net/2019/05/lire-swedenborg-au-xixe-siecle.balzac.html
Emanuel Swedenborg,
né le 29 janvier 1688[n 1] à Stockholm et mort le 29 mars 1772 à Londres, est un scientifique, théologien et philosophe suédois du XVIIIe siècle. Son nom originel Emanuel Svedberg (ou Swedberg) est devenu officiellement Swedenborg après son anoblissement[n 2].
Dans la première partie de sa vie, Swedenborg est un scientifique et un inventeur prolifique. Ceci lui vaut alors dans certains cercles le surnom de Léonard de Vinci du Nord ou encore d’Aristote de Suède[1]. À l’âge de cinquante-six ans, il déclare être entré dans une phase spirituelle de sa vie et a des rêves et des visions mystiques dans lesquels il discute avec des anges et des esprits, voire avec Dieu et Jésus-Christ, et visite le Paradis et l’Enfer.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Emanuel_Swedenborg#Poirier_2003
Charles BAUDELAIRE
Correspondances
La Nature est un temple où de vivants piliers
Laissent parfois sortir de confuses paroles ;
L’homme y passe à travers des forêts de symboles
Qui l’observent avec des regards familiers.
Comme de longs échos qui de loin se confondent
Dans une ténébreuse et profonde unité,
Vaste comme la nuit et comme la clarté,
Les parfums, les couleurs et les sons se répondent.
Il est des parfums frais comme des chairs d’enfants,
Doux comme les hautbois, verts comme les prairies,
– Et d’autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l’expansion des choses infinies,
Comme l’ambre, le musc, le benjoin et l’encens,
Qui chantent les transports de l’esprit et des sens.