La légende de Saint Bernard de Menthon
est directement inspirée de
l’Apocalypse de Saint-Jean Chapitre XX verset 1-3 :
01 Alors j’ai vu un ange qui descendait du ciel ; il tenait à la main la clé de l’abîme et une énorme chaîne.
02 Il s’empara du Dragon, le serpent des origines, qui est le Diable, le Satan, et il l’enchaîna pour une durée de mille ans.
03 Il le précipita dans l’abîme, qu’il referma sur lui ; puis il mit les scellés pour que le Dragon n’égare plus les nations, jusqu’à ce que les mille ans arrivent à leur terme. Après cela, il faut qu’il soit relâché pour un peu de temps.
La légende
Cette vie légendaire, écrite par un certain Richard de la Val d’Isère vers la fin du XIVème siècle, commence par raconter l’arrivée de Jupiter à Aoste et l’établissement de statues en son honneur au sommet des futurs Grand et Petit-Saint-Bernard. À l’époque correspondant à la mort de Noé, Jupiter et son frère Cordeles s’enfuirent dans les Alpes afin d’échapper à leur père, Saturne. Ils y fondèrent une ville qu’ils nommèrent Cordeles et qui s’appela par la suite Aoste (Augusta). Là régnait Jupiter, génitif Jovis (de Jupiter), d’où ces noms initiaux, Mont-Joux et Colonne-Joux. Là s’installèrent les démons afin d’y cultiver leurs cultes idolâtres; ils continuèrent de hanter le sommet des montagnes.
Bernard serait né en 923 et serait le fils de Richard de Menthon (petite ville située sur le bord du lac d’Annecy). Bernard fut envoyé à l’école, où il entendit parler de saint Nicolas et de ses miracles. Il conçut alors de suivre son exemple et de débarrasser le Mont-Joux et Colonne-Joux des démons et de leurs exactions. Ils prélevaient
notamment une dîme constituée d’un pèlerin sur dix, qu’ils emportaient pour le dévorer. Encouragé à nouveau par saint Nicolas, Bernard décide de gravir la montagne en prenant la dixième place d’un groupe de pèlerins qui revenait de Rome. Au moment où il arrive près de la statue de Jupiter, le diable veut s’emparer de lui, mais Bernard lui jette autour du cou son étole qui se transforme en chaîne. Il le condamne alors à rester enfermé jusqu’au Jugement dernier dans le chaos et les profondeurs abyssales du mont Mallet : le Mont Blanc. Il agit ainsi conformément à l’ange de l’Apocalypse, enchaînant le dragon et le précipitant dans l’abîme pour une période de mille ans (XX, 1-3). Par la suite, Bernard aurait fondé au sommet de chacun des deux cols un hospice où les chanoines peuvent porter secours et réconfort aux pèlerins franchissant les difficultés de la montagne. Ces deux hospices portaient alors le nom de Saint Nicolas.
