Les Alpes Pennines s’étendent de la chaîne qui va du col du Grand-Saint-Bernard au massif du Saint-Gothard en débordant sur les deux versants, suisse au nord (Valais) et italien au sud (Vallée d’Aoste et Piémont).
Une première étymologie semble devoir être écartée tout de suite, celle qui ferait dériver «pennines» de «poenus», qui signifie «punique», en référence au passage par les Alpes de Hannibal et ses éléphants. Le passage d’Hannibal par le Rhône et le col du Grand-Saint-Bernard n’est plus envisagé.
Selon Tite-Live, « ce n’est pas […] parce qu’un Punique est passé par là que les Sedunoveragri (qui habitent cette chaîne) peuvent savoir que ce nom a été attribué à celle-ci : il vient du nom de Poeninus donné par les montagnards à la divinité qui possède un sanctuaire sur le plus haut sommet ». Poeninus serait donc le nom latin d’un dieu celte (…ou gaulois), et de là ce nom d’alpes pennines.
Des chercheurs ont fait dériver ce nom du gaulois pennos, « tête, sommet, extrémité », qui aurait formé un nom de divinité Penn.
Ce dieu celtique fut cependant remplacé par son « équivalent » romain, Jupiter, lorsque Jules César et l’empereur Auguste imposèrent leur domination sur la région et y construisirent des routes. C’est de cette nouvelle divinité que vient le nom latin du col, Mons Jovis. Un temple lui fut dédié à la place du sanctuaire gaulois. On a retrouvé parmi ses ruines de nombreux ex-voto où les voyageurs empruntant ce passage, soldats et marchands notamment, demandaient à Jupiter de les protéger contre les différents dangers qu’ils pouvaient rencontrer au moment de traverser la montagne. En français ce nom devient le Mont Joux, nom des hospices lorsque ceux-ci furent créés par Saint-Bernard, Hospices du Mont Joux.
Ce n’est que deux ou trois siècles plus tard, au XIVème siècle, que l’on commence à parler des Hospices Saint Bernard.