Le village disparu de Rossburn

 

 

Entre Fulleren et Hirtzbach, en pleine forêt, une croix de Saint-Michel marque l’emplacement d’un ancien village, Rossburn.  Wikipedia : lire l’article Wikipedia

Un article surle site de la commune de Fulleren : lire l’article

ou dans un livre : Les Paroisses du canton de Hirsingue  de François Joseph Fues paru en 1879 : Lien vers le pdf ou vers quelques commentaires sur le site du traducteur

ou encore une légende : lire la légende

(l’image est prise sur le site de la commune de Fulleren)

Deux articles (au moins) de la Société d’histoire du Sundgau font référence à ce village disparu : dans l’annuaire 1969 (page 68) et dans l’annuaire 1985 (page 191). Ces annuaires sont consultables sur Gallica : https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/cb32696582j/date

 

 

Extrait du pdf de François Joseph Fues

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Rueslisbrunn

L’inventaire du Liber Marcarum de 1441 mentionne la paroisse de Rueslibrunn comme appartenant au doyenné du Sundgau. Il y avait là un recteur et un vicaire ; Largitzen, en tant qu’annexe dotée d’un unique vicaire, en dépendait. Cette localité, aujourd’hui entièrement disparue, se trouvait sur le ban de Fulleren, au lieu-dit qu’on appelle aujourd’hui Ruschburn, Russburn, Rossburn  et où l’on a trouvé encore récemment d’évidentes traces de bâtiments romains, comme déjà indiqué plus haut.

 » La première mention de cette localité figure dans le Rothbuch (livre du conseil) du couvent de Gnadenthal à Bâle : En 1288, en le village et ban de Rudolfsbrunn , avec la remarque suivante, plus récente :  appelé jadis Ruolisprunn  ; puis en 1347 :  À Rüdolfsbrunn  avec une note du même genre :  Rulisprunn . En 1394, le registre des certifications de l’Autriche antérieure en parle sous la dénomination  » Rulsburn « . En 1421 et 1460, le registre des certifications de Saint-Morand le mentionne sous le nom « Ruolsburn, Ruolspurnen ». Les archives départementales de Colmar possèdent le dossier d’un procès qui a opposé vers 1593 les habitants de Fulleren et Hindlingen à propos des glandées  dans le bois de Rueliss Prunen . M. Briele, dans son Inventaire des Archives, C. 576 note à tort « Ruelisheim » ; dans le texte original on emploie « Ruelisprun ».

Une église paroissiale dédiée à saint Michel, annexe de l’église de Largitzen, se trouvait jadis dans cette localité. Cette église fut démolie au siècle dernier et ses matériaux furent utilisés pour la construction de l’actuelle chapelle de Fulleren, celle-ci ayant été inaugurée le 30 janvier 1786. On voit encore ses fondations dans la forêt, signe du châtiment qui, selon la tradition populaire, a frappé ceux qui s’étaient enhardi à poser une main sacrilège sur les vestiges de ce sanctuaire. La disparition complète de toute pierre tout autour de l’endroit où se dressaient jadis des bâtiments se comprend tout naturellement par le fait que, dans tous les alentours, on ne rencontre aucune carrière. Par conséquent, au lieu d’extraire des pierres de taille de quelque endroit éloigné, on ramassait soigneusement ce qu’on pouvait trouver à proximité.

Ruelisbrunn avait aussi son château et ses nobles. Le lieu où se dressait le château est encore bien visible, par les traces d’un fossé qui entoure un carré de terre surélevé dans un pré entouré de forêt. Le chemin qui y conduit est toujours appelé « Schlossweg » (chemin du château). Un chevalier du nom de « Bernhart de Rustbrunn » est mentionné dans un document de 1474 6 et semble être le dernier rejeton de sa lignée. La légende raconte que le château a été cerné par surprise de sorte que le seigneur n’a dû son salut qu’à la fuite. Il avait ferré son cheval à l’envers, ce qui lui a permis de quitter à l’improviste le château ; les traces qu’il avait laissées dans la neige égarèrent ses ennemis et lui permirent de se réfugier en lieu sûr.

De plus, l’endroit avait son moulin dont on voit encore l’emplacement. De cette manière, on découvre ainsi tout un village. Un promeneur qui passerait à travers la forêt ne s’apercevrait de rien de tout cela.  Ruelisbrunn disparut probablement pendant la guerre des Armagnacs (1444) ou pendant les dévastations, peu de temps après, par les Suisses dans le Sundgau.

 

Article SHDS de 1969

CROIX DU VILLAGE DISPARU DE RUESCHBURN

La plus intéressante croix de Fulleren, du point de vue historique, est sans aucun doute celle qui se dresse sur l’emplacement de l’ancienne église du village disparu de Ruschburn ou Ruelisbrunn. Le village détruit au 15e siècle fut sans doute très ancien ; des découvertes de tuiles romaines, briques et poteries, à la fin du siècle dernier en donnent une preuve. Des recherches méthodiques et poussées permettraient peut-être de trouver d’autres éléments de son passé.

A la place même qu’occupait l’église, tombée en ruines en 1788, maintenant en pleine forêt, fut dressée une croix en pierre qui mesure environ deux mètres de haut sur un socle carré, les extrémités en sont arrondies et dans le croisillon figure le monogramme du Christ IHS avec une croix sur le jambage du H. Le texte à l’avant du fût est le suivant : HIER / IST / SANT MICHELY / KIRCHE / GEWES / EN. (Ici se trouvait l’église de saint Michel), plus bas sur le fût la date d’érection 1806 et sur l’avant du socle le mot ROSZ BOURN entre les deux syllabes est figuré un fer à cheval, pointes vers le bas, rapportant sans doute la légende bien connue du chevalier de Ruschburn qui en un moment de grande détresse alors que son château allait être investi ne dût son salut qu’à une ruse : il fit ferrer son cheval à l’envers pour que ses ennemis ne suivent sa trace. A l’arrière de la croix sont gravés dans la pierre les noms suivants : ENDERL /E J. GROFF / MALER 1886, noms qui se rattachent à une rénovation de la croix.

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